› accueil

dossier nucléaire

› Espionnage du Réseau "Sortir du nucléaire" par EDF. Le résumé de l'affaire de novembre 2003 à mars 2009. LIRE...
› Risque d’explosion sur la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche). Communiqué du 18 novembre 2008. LIRE...
› Nucléaire : une Savoyarde grimpe aux arbres pour bloquer des convois allemands. Le Dauphiné Libéré - 13/11/2008. LIRE...
›
L'Autriche convertit sa centrale nucléaire fantôme... à l'énergie solaire. LIRE...
›
Une bombe nucléaire américaine a été "perdue" au Groenland. LIRE...
›
Le lobby nucléaire est au coeur des institutions. LIRE...
› En ligne sur le site du Réseau :
http://www.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=actualites&sousmenu=dossiers&soussousmenu=alerte-dechets&page=11
›
Vive le Tricastintouin ! Désopilante, cette série noire à la centrale nucléaire du Tricastin ! LIRE...
Échangez des informations et débattez sur le nucléaire. LIRE...
Ma journée à la DST.Compte-rendu, par Stéphane Lhomme. LIRE...
La face cachée du nucléaire, Par Isabelle Chevalley présidente d'Écologie libérale. LIRE...
Dossier Wladimir Tchertkoff. LIRE...
Les vidéos du Réseau Sortir du Nucléaire sont en ligne :    http://videos.sortirdunucleaire.org/spip.php?rubrique5
Enorme succès de la journée internationale de mobilisation contre le nucléaire. LIENS...

Nucleaire-nonmerci.net explique les dangers du nucléaire en toute simplicité :
http://nucleaire-nonmerci.net


Cette main verte est la sculpture qui commémore la victoire des anti-nuc dans le Morbihan contre la centrale d'Erdeven.

 


Espionnage du Réseau "Sortir du nucléaire" par EDF.
Le résumé de l'affaire de novembre 2003 à mars 2009


Consulter le document Condfidentiel défense :
http://www.sortirdunucleaire.org/dossiers/confidentiel-defense.html

24 novembre 2003 : par communiqué, le Réseau "Sortir du nucléaire" révèle par communiqué être entré en possession d'un document Confidentiel défense, issu d'EDF, qui reconnaît que le réacteur nucléaire EPR n'est pas conçu pour résister à un crash d'avion de ligne. Les agences de presse (AFP, Reuters) publient des dépêches sur cette affaire.

25 novembre 2003 : Le Figaro ("Un document «secret défense» dévoilé : le futur réacteur EPR vulnérable aux chutes d'avions") et Libération ("Les écologistes attaquent EDF avec ses propres documents") couvrent l'affaire.
Cf par exemple : http://www.liberation.fr/terre/0101462373-les-ecologistes-attaquent-edf-avec-ses-propres-documents.html

25 novembre 2003 (bis) : Patrick Ollier, à l'époque président (UMP) de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, demande l'ouverture d'une "enquête administrative" sur le Réseau "Sortir du nucléaire" et le document confidentiel défense (cf  dépêche AFP). Curieusement, l'affaire en reste là et, quelques temps plus tard, comme si de rien n'était, EDF et Areva recommencent à prétendre que l'EPR résisterait à un crash d'avion de ligne...

16 novembre 2004 : sur le plateau de l'émission de France 3 "France Europe express", animée par Christine Okrent. Face à Mme Lauvergeon (PDG d'Areva), Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire" brandit le document confidentiel défense et en lit des extraits.

10 septembre 2005 : la Commission nationale du Débat public (CNDP), chargée d'organiser un débat officiel sur la construction du réacteur EPR, annonce être confrontée à un problème : dans sa contribution écrite, le Réseau "Sortir du nucléaire" fait référence au fameux document Confidentiel défense. Craignant d'être elle-même poursuivie, la CNDP décide de censurer la contribution du Réseau "Sortir du nucléaire". (Cf AFP, 20/09/2005 : "Débat public sur l'EPR et secret défense: la CNDP recherche une solution')

15 septembre 2005 : à la Une, le journal Le Monde évoque l'affaire : "Quand le débat public rencontre le secret-défense"
Cf http://www.sortirdunucleaire.org/index.php

16 mai 2006 : mandatée par le parquet de Paris, section antiterroriste, la Direction de la surveillance du territoire (DST, aujourd'hui DCRI) fait irruption chez Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire", lequel est aussitôt placé en garde à vue. Il est "questionné" quinze heures d'affilée, son appartement fouillé de fond en comble, ses ordinateurs et téléphone confisqués. 
Une copie du fameux document est saisie. Cf AFP, Reuters, ATS, Le Monde.fr, le Figaro.fr, Libération.fr, etc
(Cf par exemple : http://www.lefigaro.fr/)

17 mai 2006 : en signe de protestation, le Réseau "Sortir du nucléaire" décide de mettre en ligne le Document confidentiel défense et le diffuse à de nombreuses associations et personnalités qui le mettent aussi en ligne sur leurs sites respectifs. (Cf Libération, 18 mai 2006 : "Libéré, Stéphane Lhomme contre-attaque") Cf http://www.liberation.fr/terre/010148534-libere-lhomme-contre-attaqueet http://www.sortirdunucleaire.org/dossiers/confidentiel-defense.html

25 mars 2008 : près de deux ans plus tard, Stéphane Lhomme est à nouveau placé en garde à vue et "questionné" pendant près de 10 heures. Une liste de responsables d'EDF lui est présentée : la DST est toujours en échec dans la recherche de la "source" qui, à l'intérieur d'EDF, récupère des documents sensibles te les transmets au Réseau "Sortir du nucléaire". Poursuivi pour "Compromission du secret de la défense nationale", Stéphane Lhomme reste sous la menace de 5 ans de prison et de 75 000 euros d'amende.
Cf par exemple : http://www.lejdd.fr/cmc/societe/200813/nucleaire-la-verite-inquiete_105937.html

31 mars 2009 : le journal en ligne Médiapart révèle : "L'ancien commandant de police Pierre François avait été chargé de développer au sein d'EDF des activités de renseignement afin de prévenir d'éventuelles attaques terroristes, mais aussi des campagnes de déstabilisation ou des actes de malveillances émanant de la mouvance anti-nucléaire, comme les associations Sortir du nucléaire ou Greenpeace, très investies en la matière. La "cellule" animée par Pierre François aurait notamment infiltré ces associations, parfois avec la bénédiction des services spéciaux français dont sont issus la plupart de ses membres." et fait référence à l'affaire du Document confidentiel défense.
A ce jour, poursuivi pour "Compromission du secret de la défense nationale", Stéphane Lhomme (porte parole du Réseau "Sortir du nucléaire") reste sous la menace de 5 ans de prison et de 75 000 euros d'amende pour avoir détenu et rendu public le document Confidentiel défense. Il a expliqué la démarche du Réseau "Sortir du nucléaire" dans un texte intitulé "Les raisons de la publication du document "confidentiel défense" sur le réacteur nucléaire EPR" (cf http://www.sortirdunucleaire.org/actualites/communiques/ affiche.php?aff=157)

[rezo-actu]  -  Liste de diffusion sur le nucléaire et ses alternatives.
Les informations diffusées sur cette liste ne reflètent pas 
nécessairement le point de vue du Réseau "Sortir du nucléaire"
www.sortirdunucleaire.org

Pour recevoir la revue de presse sous la forme d'une compilation d'articles une fois pas jour, envoyez un mail vide à l'adresse 
sympa@sortirdunucleaire.org
avec comme objet: SET rezo-actu DIGEST

haut de page

 

Risque d’explosion sur la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche)


Communiqué du 18 novembre 2008

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) vient d’informer les médias de la mise en demeure qu’elle a adressée le 13 novembre 2008 au directeur de la centrale EDF de Cruas-Meysse.

La CRIIRAD a pris connaissance des documents de l’ASN et publie ci-dessous un premier niveau de réaction. Une analyse en profondeur nécessite plus de temps pour obtenir les documents et informations nécessaires auprès de l’exploitant et des autorités.

Les dysfonctionnements mis en évidence à Cruas-Meysse sont présentés par l’Autorité de Sûreté Nucléaire – autorité en charge du contrôle des installations nucléaires –  comme particulièrement graves.

Selon l’ASN, ils concernent en effet un « risque d’explosion » susceptible, en outre, « d’endommager des éléments essentiels au maintien de la sûreté ou de conduire à une rupture du confinement ».  La mise en demeure publiée par l’ASN signale des canalisations mal entretenues, oxydées et corrodées alors qu’elles servent au transport des fluides explosifs, dénonce l’absence de contrôles périodiques permettant de vérifier leur état et d’identifier les défauts d’étanchéité, précise que ces canalisations ne figurent pas sur les plans mis à disposition des services d’incendie (1) …  Tout ceci en violation d’une réglementation datant de 1999 (2).

Dans ces conditions,

1.                   Comment se fait-il que l’ASN ait accordé, en 1999, un délai de 6 ans ( !?) à EDF pour se mettre en conformité avec les prescriptions de cet arrêté ?

2.                   Comment se fait-il qu’à l’issue d’un délai aussi long, l’ASN se soit apparemment contentée d’un courrier d’EDF indiquant qu’à une exception près (mais qui ne concernait pas le risque d’explosion) l’ensemble des actions de mise en conformité étaient réalisées et qu’elle ait encore attendu 2 ans et 7 mois pour effectuer une inspection destinée à vérifier si les déclarations d’EDF étaient étayées et la mise en conformité effective ?

3.                   Comment se fait-il que l’inspection des 25 et 26 septembre n’ait pas donné lieu à injonction, qu’il ait fallu une seconde inspection le 24 octobre, puis encore 3 semaines pour qu’une mise en demeure soit adressée à l’exploitant, soit au total un délai supplémentaire d’un mois et demi ?

4.                   Et comment se fait-il que la mise en demeure du 13 novembre accorde encore à EDF un délai de 3 mois pour se mettre en conformité… avec des prescriptions qui datent de 1999 ?

5.                   Et comment se fait-il que l’obligation de veiller à l’étanchéité de canalisations transportant des matières radioactives, corrosives, inflammables ou explosives ne date que de 1999 ? Est-ce que cette obligation n’existait pas dès la mise en service des 4 réacteurs de Cruas-Meysse en 1984 – 1985 ? Si elle existait, cela veut dire qu’EDF fonctionne depuis plus de 23 ans sans contrôler correctement ce paramètre clef et sans que les autorités de contrôle  ne s’en émeuvent.
Si ce n’est pas le cas et qu’il a fallu attendre 1999, soit 15 ans après le démarrage, pour que ces contrôles basiques mais essentiels soient obligatoires, c’est véritablement scandaleux. On ne sait laquelle de ces 2 options est la plus préoccupante.



Une fois encore, les constats de terrain laissent entrevoir un fonctionnement du parc électronucléaire français très éloigné des discours publicitaires des exploitants et d’une technologie « high tech» soumise à des contrôles draconiens : des canalisations corrodées, des défauts de surveillance et de signalisation…  on ne peut que s’interroger sur le sens qu’a l’exploitant de ses responsabilités.
Comment se fait-il qu’il néglige des contrôles aussi déterminants pour la sûreté de son installation ?

De toute évidence, au moins 3 autres centrales nucléaires sont concernées : Le Blayais en Gironde, Civaux dans la Vienne et Golfech en
Tarn-et-Garonne. Pour les autres installations nucléaires, on est dans l’expectative : sont-elles absentes de la liste car le risque « explosion » y est correctement géré … ou parce que leur conformité aux prescriptions de 1999 n’a pas encore été contrôlée ?



Compte tenu des conséquences majeures d’un accident nucléaire, avant tout sur le plan sanitaire mais également environnemental, agricole, touristique et économique, des dysfonctionnements aussi graves devraient faire l’objet d’une enquête approfondie portant sur la gestion de l’exploitant mais également sur la fiabilité de l’encadrement réglementaire. Il faudrait s’interroger sur la place centrale accordée à l’auto-surveillance, sur les passerelles aménagées entre exploitants d’activités à risques et contrôleurs, sur les arbitrages entre rentabilité et sûreté ... Malheureusement, la loi du 13 juin 2006 a organisé la quasi impunité de l’ASN. Quant à l’exploitant, les délais successifs de mise en conformité en disent long sur la « rigueur » des contrôles auxquels il est soumis. La loi a par ailleurs strictement limité, et depuis longtemps, sa responsabilité en cas d’accident. C’est la population qui en supportera, et sur tous les plans, les conséquences. Elle a donc intérêt à être exigeante et à demander des comptes sur la façon dont les activités nucléaires sont gérées et contrôlées.



(1) Des incendies se produisent régulièrement sur les sites nucléaires. Le fait que les services de secours ignorent la localisation de canalisations susceptibles d’exploser et d’aggraver considérablement la situation, laisse présager le pire en cas de problème. Il s’agit pourtant là du B. A. BA de la gestion des sites à risque.

(2) Arrêté du 31 décembre 1999 fixant la réglementation technique générale destinée à prévenir et limiter les nuisances et les risques externes de l’exploitation des installations nucléaires de base.

 

haut de page

 


Le Dauphiné Libéré - 13 novembre 2008

Nucléaire : une Savoyarde grimpe aux arbres pour bloquer des convois allemands

Le 6 novembre dernier, les policiers allemands plaçaient «préventivement» une Savoyarde de 26 ans, Cécile Lecomte, en garde à vue. C'est que deux jours plus tard, un train transportant 123 tonnes de déchets radioactifs en provenance de La Hague arrivait à Gorleben, 
un lieu que les autorités allemandes voudraient transformer en site d'enfouissement des déchets nucléaires hautement radioactifs en  profondeur.
Avec plusieurs milliers d'autres militants anti-nucléaires, elle prévoyait de passer à l'action pour s'y opposer. Suivie depuis plusieurs jours par des journalistes de France 4, Cécile est finalement restée trois jours en prison, car le juge la considérait comme « administrativement réfractaire ». Elle n'a donc pas pu grimper dans les arbres pour bloquer ce convoi atomique.

Une carrière de prof écourtée


En janvier dernier, elle faisait déjà la Une des médias allemands pendant plusieurs jours. Son fait d'arme ? Sept heures durant, elle  bloquait, seule, un train de déchets d'uranium en se suspendant dans la cime d'un arbre le long de la voie de chemin de fer, entre Gronau et Münster. « Ils ont dû faire venir une unité spéciale de la police fédérale en hélicoptère pour me déloger et me mettre en garde-à-vue. Et s'il y a un procès contre moi, ce sera l'occasion de mettre les affaires sordides du nucléaire au grand jour ». Ce sera donc un procès politique. Elle n'en était pas à sa première action outre Rhin depuis qu'elle a quitté Chambéry en 2001 et les bancs de l'université de Savoie. Mais c'est bien en Savoie, qu'elle a découvert l'action directe non-violente, avec l'association "Chiche ! ". À l'époque, elle faisait des pique-niques contre la malbouffe, recouvrait les panneaux de publicité, organisait des sit-in en solidarité avec le peuple palestinien, participait à des manifestations à vélo...
En Allemagne, Cécile a tout d'abord achevé ses études pendant deux ans en Bavière, puis a embrassé une carrière d'enseignante de  français pour les étrangers. En août 2007, elle décide de l'écourter pour se consacrer totalement à des luttes sociales et environnementales, « un choix de vie ». La suite, on la connaît.

Une militante super-active sponsorisée

Aujourd'hui, Cécile vit dans une roulotte près de Lüneburg. Et depuis cet été, elle a rejoint les rangs des "Bewegungsarbeiter", des  militants super actifs sponsorisés par une fondation allemande réunissant de riches héritiers qui veulent changer la société en  soutenant les acteurs les plus virulents des mouvements sociaux. « Actuellement, j'ai 50 € par mois. Cela me sert surtout à boucher les  trous, pour les frais d'avocat par exemple ».
C'est que cette Savoyarde de 26 ans va jusqu'au bout des choses. Son credo, c'est la désobéissance civile. En septembre dernier par  exemple, elle a passé une journée en prison pour avoir refusé de payer une amende symbolique de 5 € à la suite d'une action anti- nucléaire en 2006. « L'État voulait ainsi faire pression et m'inciter à payer. Les policiers qui m'ont arrêtée n'y croyaient pas et m'ont  presque proposé de payer à ma place. Mais j'aurais refusé ». Ces 24 heures de prison ont été une nouvelle fois l'occasion de faire parler de la lutte anti-nucléaire dans les médias allemands... et "de la militante écologiste française" comme on l'appelle là-bas.

REPÈRES DES PROJETS EUROPÉENS

Depuis 2006, Cécile anime une campagne européenne "l'héritage nucléaire européen" soutenue par le programme jeunesse de l'Union  européenne et portée par des associations allemandes, autrichiennes, biélorusses, françaises... La dernière rencontre a eu lieu à Bure sur le thème des déchets radioactifs et était organisée par "Chiche ! ". 
L'objectif est de mettre en place une coordination internationale anti-nucléaire.

haut de page

 
 


L'Autriche convertit sa centrale nucléaire fantôme... à l'énergie solaire

LE MONDE | 11.11.08 |


ZWENTENDORF (Basse Autriche) ENVOYÉE SPÉCIALE

Condamné durant trente ans à l'inactivité, le site de la centrale nucléaire autrichienne de Zwentendorf, située à une cinquantaine de  kilomètres à l'ouest de Vienne, va bientôt être tiré de sa léthargie pour produire... de l'énergie solaire.

Le 5 novembre 1978, la population autrichienne décidait par référendum de réduire son réacteur flambant neuf - jamais entré en service - à l'inactivité. D'une capacité de 730 mégawatts (MW), la centrale à eau bouillante construite par le groupe allemand Siemens devait faire entrer l'Autriche dans l'ère nucléaire. Les résultats du référendum lui en fermèrent la porte.

Depuis, en 1999, les Autrichiens ont inscrit le renoncement à l'énergie nucléaire dans leur Constitution, et aucun parti ne s'aviserait de remettre en cause ce qui tient désormais lieu de doctrine d'Etat.

Dans quelques mois, la façade de béton de la centrale, son toit, tout comme une partie des 14 hectares de terrain adjacent, seront hérissés de panneaux solaires. EVN, producteur et distributeur de la quasi-totalité de l'électricité dans la région de Basse-Autriche, et acteur dominant sur les marchés bulgare et macédonien, a racheté le site en 2005. La concession d'exploitation pour produire de l'énergie reste valide. Et le réseau électrique passe à quelques centaines de mètres.

UN DÉCOR DE SCIENCE-FICTION

La contribution de Zwentendorf au développement des énergies renouvelables restera d'abord modeste. Avec un maximum de 3 MW, la centrale assurera le ravitaillement en électricité d'un millier de foyers. A un horizon plus lointain, EVN envisage d'implanter sur le site une centrale à biomasse. Son emplacement - sur les bords du Danube - permettrait l'acheminement de résidus de bois. Encore faut-il trouver des fournisseurs capables d'en livrer des quantités suffisantes et à long terme.

A l'intérieur de la centrale endormie, on plonge dans l'univers de l'atome des années 1970. Derrière les murs de béton, épais de 1,2 mètre, un dédale de couloirs et de sas conduit à la salle des turbines, puis au coeur du site. Le réacteur, enchâssé dans une coque de béton et d'acier, à 30 m au-dessus du sol, s'offre sans manières à l'inspection.

Dans ce décor de science-fiction, il semble que l'heure se soit arrêtée. La salle de contrôle affiche clairement un design d'époque. 
Le téléphone, jadis une ligne directe reliée à la chancellerie, est toujours posé sur le tableau de bord.

Les pouvoirs publics avaient, dans un premier temps, conservé l'espoir que le vent tourne, et que les 5,2 milliards de schillings (380 millions d'euros), coût de la construction de la centrale, n'aient pas été dépensés en pure perte. L'accident de Tchernobyl, en 1986, coupa court aux spéculations sur un nouveau référendum.

Depuis 2005, la centrale contribue à l'entretien de ses cinq soeurs germaniques, construites sur le même modèle qu'elle. Turbines, tuyaux et autres pièces détachées sont vendus pour remplacer les parties usagées des centrales allemandes encore en service. Zwentendorf fait également office d'école pour leurs ingénieurs, qui viennent s'y entraîner au montage et démontage à échelle réelle, sans risque d'irradiation.

La réhabilitation du site de Zwentendorf contribuera, modestement, à rattraper le retard pris par l'Autriche pour réaliser les objectifs de Kyoto. Le pays s'est engagé à réduire ses émissions de CO2 de 13 % par rapport à 1990, mais, en 2006, les émissions dépassaient encore de 15 % ce point de référence. Autre objectif : faire passer de 70 % à 78 % la part des énergies renouvelables (y compris l'énergie hydroélectrique, très importante en Autriche) dans la consommation d'électricité d'ici à 2010.

Laurence Monnot
Article paru dans l'édition du 12.11.08.

haut de page

 


Une bombe nucléaire américaine a été "perdue" au Groenland

LEMONDE.FR avec AFP | 11.11.08 |

Les Etats-Unis ont perdu une bombe nucléaire sous la glace dans le nord du Groenland à la suite du crash d'un de leurs bombardiers il y quarante ans, rapporte la BBC, mardi 11 novembre. Selon des documents déclassifiés, obtenus grâce au Freedom of Information Act (loi 
américaine permettant aux agences fédérales de transmettre leurs documents), un bombardier stratégique B-52 s'est écrasé en 1968 près de la base de Thulé avec quatre bombes nucléaires à bord. Les Américains n'ont pu localiser que trois des quatre bombes, la dernière restant à jamais perdue dans l'océan.


La base de Thulé est la plus septentrionale des bases de l'US Air Force. D'une grande importance stratégique, elle avait été construite en pleine guerre froide, au début des années 50. Elle était un maillon important de la chaîne de radars du Norad (système de surveillance de l'espace aérien nord-américain), prévue pour détecter tout lancement de missile soviétique.

Le 21 janvier 1968, un des B-52 s'écrasait dans la glace à quelques kilomètres de Thulé. Après plusieurs mois de recherches sous-marines infructueuses, les enquêteurs abandonnèrent les recherches en avril. 
Selon la BBC, des responsable américains estiment que la radioactivité a dû se diluer dans une telle masse d'eau et que tout danger est écarté.

La présence d'armes nucléaires au-dessus du Groenland, territoire autonome rattaché au Danemark, a été gardée secrète ainsi que la nature des recherches pour localiser la bombe. Le département d'Etat américain s'est abstenu de commenter l'information de la BBC. Il avait indiqué auparavant que les quatre bombes nucléaires avaient été "détruites".

haut de page

 

14/10/08 - interview
"Le lobby nucléaire est au coeur des institutions"


Roland Desbordes
Roland Desbordes, physicien de formation et président de la Criirad. 


La Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité est un laboratoire indépendant d'analyses de  radioactivité, de bilans radioécologiques, et d'études d'impact. Pouvez-vous nous éclairer sur cette pollution de la nappe phréatique  autour du Tricastin ?

Nous soupçonnions depuis longtemps déjà une pollution autour du Tricastin. Cela fait plus de 10 ans qu'on a sollicité les élus locaux pour qu'ils s'intéressent à cette nappe phréatique, surtout parce qu'elle sert à l'arrosage mais également à l'alimentation humaine. Il  y a en effet des gens qui pompent directement dans cette nappe. Dès 1997/1998, on avait demandé aux élus locaux une étude sur cette  nappe, en dehors des mesures des exploitants, qui semblaient ne rien voir. Et, on s'apercevra plus tard, qu'en réalité, les exploitant avaient bien vu des choses mais qu'ils n'en avaient pas communiqué les résultats à la Commission locale d'information. Il a fallu une demande de l'ASN (Autorité de sûreté nucléaire), des DDASS du Vaucluse et de la Drôme pour qu'une étude soit réalisée à partir de 2007 et confiée à l'IRSN (Institut de radioprotection sur le nucléaire) qui est l'expert de l'Etat et des exploitants, et à Areva, principal exploitant du site.

Qu'a révélé l'étude de l'IRSN publiée le 4 juillet dernier ?

Cette étude a été présentée le 4 juillet dernier à la Commission locale d'information à Valence. On a assez rapidement constaté un excédent d'uranium au sud du site, par rapport au nord. Areva a tout d'abord tenté d'expliquer qu'on était en présence de variations habituelles présentes dans la nature. Dès qu'on a pu prendre  connaissance du rapport complet, nous nous sommes rendus compte que cette nappe était bien polluée par l'uranium issu du site dans la mesure ou un autre radio-élément, lui totalement naturel, le polonium 210, était également présent dans cette nappe mais lui dans la même proportion au nord comme au sud.

Vous pointez également du doigt un vieux stockage de déchets d'uranium laissé pratiquement à l'air libre sur le site.

Il faut en effet évoquer la question du stockage de déchets radioactifs sur le site du Tricastin. En l'espèce, il s'agit de déchets d'uranium. On avait interrogé l'exploitant, la Cogema en l'occurrence, sur ce stockage de déchets. Ils considéraient qu'il ne posait aucun problème, et qu'il n'avait jamais pollué la nappe. En fait, dans un rapport publié en 1998, deux pages indiquaient que ce stockage a déjà pollué dès 1979, la nappe. La pollution était tellement importante qu'ils avaient mis en place un pompage de fixation pour éviter que cette pollution ne se disperse trop. Il est reconnu en 1998, donc 20 ans après, qu'un tiers des déchets radioactifs ont déjà disparu. Ils ont été entreposés sur le sol, et recouverts simplement de terre. En gros, ils sont partis dans la nappe. Une partie a pollué directement la nappe, et l'autre partie a été rejetée avec le pompage dans la Gaffière, le ruisseau de surface.

Pourquoi cette affaire a-t-elle fait si peu de bruit ?

On avait été alerté il y a quelques mois par des travailleurs du site nucléaire qui nous signalaient que la couverture de terre de cette butte de déchets s'était désagrégée et que les déchets réapparaissaient à l'air libre. Nous avions informé les médias et France 2 et France 3 avaient d'ailleurs effectué un reportage mais la direction de France 2 a semble-t-il refusé de le diffuser, sans explication. C'est assez fréquent. Récemment, avec M6, pour l'émission « 66 minutes, » il y a environ 3 semaines, une partie du reportage sur le Tricastin a été censurée, par la direction de la chaîne et non la journaliste.

Et comment ont réagi les autorités après la découverte de ce stockage de déchets polluants ?

L'ASN a sollicité l'armée qui est responsable de ces déchets militaires, pour venir à une commission locale d'information fin juillet. Le responsable de l'armée a réaffirmé que ce stockage ne posait aucun problème et qu'ils ne les enlèveraient pas. A la fin de la réunion, il a reconnu cependant que ces déchets n'avaient pas vocation à rester là. Or, ça fait maintenant plus de 30 ans, depuis les années 1970, qu'ils sont stockés sur cette butte. En réalité, il s'agissait d'entreposage. Mais depuis 2001, pour l'Andra, cette butte de déchets apparaît comme un stockage définitif et donc  serait vouée à rester au même endroit.

Ce type de stockage de déchets radioactifs à l'air libre est-il courant ?

Il en existe d'autres notamment sur le site de Tricastin, sur le principe d'un stockage-entreposage. Il existe un certain type de déchets nucléaires produits sans destination. Les producteurs ont produit ces déchets sans se poser la question de leur destination finale. Or, il existe très peu d'endroits pour stocker ces produits radioactifs. En gros, il y a Soulaines et Morvilliers. On cherche d'ailleurs actuellement un site de stockage pour les déchets FAVL (faible activité vie longue). Il y a plus de 3.000 communes qui sont été recensées comme étant des sites d'accueil potentiels pour ces déchets.

Comment expliquez-vous les incidents à répétition sur le site du Tricastin ?

Il y a eu des incidents comme il y a en a régulièrement. On n'est pas devant une quantité d'incidents supérieurs en ce moment, mais dans la moyenne. En raison notamment d'une maintenance sur les réacteurs, l'été est plus particulièrement sensible sur les sites nucléaires. Il y a quand même eu 3 incidents plus marquants. C'est tout d'abord le 7 juillet dernier, Socatri qui rejette 75 kg d'uranium dans des eaux de surface, c'est pas tous les jours que ça arrive avec des restrictions de consommation, c'est plutôt une nouveauté. C'est d'ailleurs ce qui amené les médias à s'y intéresser. Il y a eu également l'incident EDF du 23 juillet je crois, où plus d'une centaine de travailleurs ont été contaminés dans le réacteur, et c'est un incident exceptionnel par l'ampleur des personnes touchées. Enfin, le dernier incident notable est celui du 4 septembre qui n'est toujours pas résolu aujourd'hui, et qui concerne une opération de déchargement où des grappes sont restées collées au couvercle quand des ouvriers ont ouvert la cuve du réacteur. C'est un incident extrêmement rare, qui s'était produit une fois à Nogent il y a 10 ans. Des bruits ont même circulé qu'on envisageait d'évacuer la population préventivement autour du site.

Avez-vous questionné les exploitants pour en savoir plus sur ces incidents ?

Nous avons posé une série de questions à Socatri début août. L'exploitant nous a fait savoir un mois après, le 15 septembre qu'il ne répondrait pas à nos questions parce qu'il y avait une action judiciaire en cours. C'est étrange pour une entreprise qui communique avec la presse. Il faut croire que nos questions les dérange.

Justement, quels sont vos rapports avec les exploitants comme Areva ?


Nous n'avons pas de rapport véritable avec les exploitants. Nous n'avons aucune mission spécifique pour effectuer des recherches ou des analyses à l'intérieur des sites nucléaires.

Considérez-vous que les autorités comme l'ASN ou l'IRSN jouent pleinement leur rôle de manière indépendante ?

Il y a un problème de collusion en France dans le secteur du nucléaire. Ainsi l'Etat est en même temps l'actionnaire du nucléaire, mais aussi celui qui édicte les règles, la réglementation, les décrets. Il a alors tendance à favoriser une réglementation qui favorise l'exploitation.  Il y a véritablement un conflit d'intérêt. La présence du lobby nucléaire est au cour des institutions. La position des députés par rapport au nucléaire interpelle.

Vous avez des doutes sur la neutralité des élus concernant la question nucléaire ?

On est en droit de se poser la question, pour qui roulent ces gens ? Que les élus locaux défendent "leur" nucléaire, ça peut se comprendre en raison des retours économiques que le nucléaire génère. Grâce à la manne du nucléaire, des communes comme Saint-Paul-Trois-Châteaux ne savent pas quoi faire de leur argent. Mais cet été, certains élus ont eu un réveil douloureux car ils se sont aperçus que le nucléaire pouvait représenter des désagréments pour le tourisme, pour l'image, pour l'agriculture, le vignoble en particulier. Le Grenelle de l'environnement est un bon exemple. On y a parlé quasiment de tout sauf du nucléaire.

Que pensez-vous du débat français sur le nucléaire ?

Nous ne nous positionnons pas "pour" ou "contre" le nucléaire. Ce qui nous semble plus important c'est plutôt de savoir si le nucléaire est une industrie comme les autres. On est dans un état de droit et les questions doivent être posées et des réponses apportées. Quand on monte au créneau, c'est parce qu'on constate une situation qui n'est pas réglementaire. Et des infractions on en constate à la pelle mais sans sanctions.

Comment réagit Areva lorsque vous les interpelez ?

On existe depuis maintenant 22 ans sans jamais faire d'erreurs sinon nous n'existerions plus. Récemment Anne Lauvergeon nous a accusé de nous être trompés sur un dossier ce qui est totalement faux. L'objectif est certainement de nous discréditer. Cela nous choque beaucoup. Qu'elle ne nous aime pas, c'est son droit mais qu'elle remette en cause notre crédibilité scientifique, c'est grave.
Depuis cet été, nous avons ressenti qu'Areva était agacé.

Au fond, à quoi sert la Criirad ?

Je pense qu'on fait avancer les choses. La Criirad contribue à donner une image du nucléaire qui selon moi est salutaire car plus conforme à la réalité. Beaucoup de personnes avaient le sentiment que le nucléaire était une industrie bien gérée, bien surveillée, bien contrôlée. Or, on s'aperçoit que le nucléaire est une industrie qui présente des problèmes de gestion, de contrôle et de surveillance comme les autres industries. L'incident Socatri, ce sont des cuves qui débordent, Comurhex ce sont des tuyaux percés, cela ne fait pas très sérieux pour une industrie de pointe. Il faut donc être vigilant.

Tags : areva, pollution, acteurs, nucléaire

© 2008 Enviro2B - Tous droits réservés

haut de page


 


Le Canard enchaîné
Mercredi 17 septembre 2008



Vive le Tricastintouin !

Désopilante, cette série noire à la centrale nucléaire du Tricastin ! Le 7 juillet, une grosse fuite d'uranium déclenche un tapage médiatique mahousse. Le 16 juillet, des prélèvements mettent au jour une pollution ancienne dans les nappes phréatiques : le tapage reprend de plus belle.
Et Anne Lauvergeon, la patronne d'Areva, se montre ulcérée par cette opinion publique qui s'affole bêtement : « /Si à chaque fois que nous sommes transparents nous provoquons des craintes, il y a un problème !/ » ( « Libé », 19/7 ). Heureusement, le 23 juillet, une centaines d'employés travaillant dans l'enceinte du réacteur n°4 du Tricastin sont contaminés par de la poussière radioactive, et cet « /incident/ » classé niveau 0 sur l'échelle de gravité des « /incidents/ » nucléaires (donc vachement bénins) ne passionne guère les foules : les JO de Pékin vont bientôt commencer...
Après un mois d'août atomiquement calme, voilà que ce lundi 8 septembre, toujours au Tricastin, alors qu'on est en train de les extraire de la cuve du réacteur n°4 , deux barres de combustible irradié restent bêtement accrochées aux structures supérieures de la cuve. Panique à bord, évacuation du bâtiment, classement de l' « /incident/ » au niveau 1 de l'échelle de gravité nucléaire (comme celui du 7 juillet). Et admirable indifférence médiatique : à l'heure où nous écrivons, les deux barres sont toujours coincées, mais tout le monde s'en bat le becquerel...
Et c'est ainsi qu'Anne Lauvergeon a gagné : à force de « /transparence/ », le populo a fini par s'habituer aux « /incidents/ ». Et ça tombe bien, parce que la France en connaît une centaine par an (de niveau 1), et que, la fuite de juillet étant la 62ème de l'année, il en reste une quarantaine à nous tomber dessus  d'ici au réveillon. Et ça tombe encore mieux, parce que, le parc nucléaire étant vieillissant (la moitié des 58 réacteurs français atteignent aujourd'hui la limite d'âge), et EDF voulant continuer à les exploiter encore une trentaine d'années (1), les « /incidents/ » vont se multiplier. D'où l'utilité de s'y accoutumer en douceur...
Dans une récente tribune (2), le sociologue pronucléaire Ulrich Beck note qu'à l'heure où l'on présente le nucléaire comme la solution miracle au réchauffement climatique les gouvernements en « /minimisent les incertitudes/ », comme au Tricastin. Il faut, conseille-t-il, dire la vérité à l'opinion. Lui expliquer que le réchauffement est dangereux mais que les centrales nucléaires que l'on commence à construire partout pour lutter contre le réchauffement le sont tout autant. Sinon... « /on n'aura même pas besoin de voir survenir un mini-Tchernobyl en Europe/ » :  il suffira d'un sérieux incident nucléaire pour que les populations se retournent violemment contre les gouvernements, qu'elles accuseront de jouer sans discernement avec leur sécurité. Dans l'intérêt même de la filière nucléaire, dit-il, chaque « /incident/ » devrait déclencher un tapage médiatique mahousse. Et Anne Lauvergeon devrait se réjouir de ces tapages... Croquignolet, non ?

Jean-Luc Porquet

(1) « Science et Vie », septembre.
(2) « Le danger nucléaire escamoté » (« Le Monde », 7/9.)

haut de page

 


24heures.ch - 5 septembre 2008

Une poubelle nucléaire trouée comme une passoire.

Officiellement, le centre de stockage d’Asse en Basse-Saxe faisait figure de modèle. Ce pourrait être une «bombe à retardement».


Ancienne mine de sel, le site d’Asse était censé garantir une étanchéité sans pareil et offrir la solution d’avenir pour les fûts de déchets radioactifs qui devront rester calfeutrés des siècles, voire des millénaires. Or, une enquête des services du Land publiée mardi a sonné l’alarme. Elle confirme ce que les mauvais esprits assurent depuis belle lurette: la mine est depuis toujours parcourue par les infiltrations. On a connu des pointes jusqu’à 432 mètres cubes d’eau par jour en 1979, et la montagne exerçant une pression gigantesque sur les couloirs de sel, 32 points d’infiltrations supplémentaires ont été recensés depuis 1988.

«Asse est à peu près aussi troué qu’une passoire», résume Sigmar Gabriel, ministre social-démocrate de l’environnement. 
Aujourd’hui, 12000 litres ruissellent en moyenne chaque jour sur les parois de sel, ainsi que sur les 126 000 barils de déchets radioactifs entreposés dans 131 cavités entre 1967 et 1979, dont certains sont endommagés, sans que l’on sache précisément lesquels. L’inventaire exact des dépôts est en cours. On sait que plus de 11 kilos de plutonium, et plus de 100 tonnes ionisantes d’uranium ont été ajoutés aux déchets «ordinaires».

Soupe radioactive. La saumure qui ruisselle vers le fond de la mine, contaminée par les fuites radioactives, est finalement recueillie dans une «piscine» à plus de 500 mètres de profondeur. La «soupe», radioactive dans des proportions qui peuvent dépasser parfois jusqu’à dix fois la norme, est pompée ensuite vers la surface. «Jusqu’ici, nous gardons la situation en main, assure un responsable.» Mais les arrivées d’eau augmentent régulièrement, une inondation est possible et elle serait fatale, provoquant une vraie «catastrophe nucléaire». La nappe phréatique contaminée rendrait le voisinage inhabitable. Dans les villages environnants, les panneaux «Danger Asse» se multiplient.

Pendant des décennies, la société chargée de l’exploitation du site par les services du Ministère de la recherche a dissimulé l’état de la mine. Ses relevés sur les rayonnements qu’elle transmettait aux autorités étaient fantaisistes, voire ignorés. La responsabilité et la surveillance du dépôt ont été retirées jeudi au Ministère de la recherche d’Anette Schavan, démocrate- chrétienne, pour être confiées au ministre de l’Environnement, farouche partisan de la sortie du nucléaire. Le procureur de Braunschweig a ouvert une enquête.

Expertises en cours. Deux expertises sont en cours. L’une devra préciser quand on ne pourra plus travailler dans le site; ce pourrait être dès 2014. L’autre envisage deux possibilités de fermer la marmite. La première consisterait à combler la mine, puis à l’inonder après l’avoir condamnée par une chape de béton. Mais certains experts soulignent qu’il est impossible de prévoir ce qui se passera au cours des siècles ! La seconde solution serait d’extraire les 126000 fûts pour les entreposer ailleurs. Ce qui prendrait des années et coûterait 2,5 milliards d’euros environ. 
Si c’est encore possible, vu l’état des lieux.

haut de page
 
 

Le Monde - A la Une + Dossier - 6 septembre 2008 - Hervé Kempf


Le solaire s'impose comme l'énergie du futur
Le secteur photovoltaïque croît au rythme de 40 % par an



Même si elle ne représente encore qu'une part marginale de la production mondiale d'électricité, avec moins de 1 %, l'énergie solaire photovoltaïque connaît une croissance soutenue. Affichant un rythme d'augmentation des capacités installées dans le monde de 40 %, elle semble bien partie pour prendre le dessus sur l'énergie éolienne. Selon ses promoteurs, elle a le potentiel pour devenir la principale source d'énergie durant le XXIe siècle.

L'Europe joue un rôle moteur dans ce décollage, avec 75 % de la consommation mondiale, mais seulement 24 % de la production d'équipements, un secteur où la Chine occupe de plus en plus de place.

Réunis jusqu'au vendredi 5 septembre à Valence, en Espagne, plus de 4000 chercheurs et un millier d'exposants ont analysé les progrès et les problèmes de la filière. Ils s'attendent à une pause de la croissance dans les prochaines années, les capacités de production dépassant, pour la première fois, la demande. Les tarifs de rachat de l'électricité d'origine photovoltaïque, favorables au développement du secteur, pourraient être remis en cause par les responsables politiques.

De son côté, la recherche progresse à un rythme soutenu, permettant l'augmentation des rendements, donc la baisse des prix. Les économies d'échelle provoquées par la croissance du secteur vont dans le même sens. L'un des enjeux majeurs des années à venir sera

------------------------------------------------------------------------
-----------

L'énergie solaire photovoltaïque est en phase de décollage

Quelle fête ! Les industriels et scientifiques du photovoltaïque n'en finissent pas de s'étonner : jamais ils n'avaient été aussi nombreux à se réunir. La 29e Conférence de l'énergie solaire photovoltaïque, qui doit s'achever, vendredi 5 septembre, à Valence, a réuni plus de 4 000 chercheurs et un millier d'exposants. Cette affluence est à l'image d'un marché qui a explosé depuis plusieurs années, à la suite de l'instauration en Allemagne, en 2000, d'un tarif de rachat avantageux de l'électricité produite par les panneaux solaires.

Une augmentation de 40 % par an des capacités installées dans le monde, un chiffre d'affaires mondial de 24 milliards d'euros, une capacité de production installée de 3 800 mégawatt-crête (MWc) en 2007 : l'énergie photovoltaïque est sortie de la marginalité. Et les perspectives sont plus qu'encourageantes : les analystes financiers voient le marché passer à 5 000 MWc en 2008, 7 000 en 2010, et jusqu'à 20 000 en 2012.
Mais, avec la maturité, pourrait survenir la première crise : "On peut aller vers une situation où l'on produit plus que le marché ne peut absorber", avertit Winfried Hoffmann, vice-président de l'European Photovoltaic Industry Association (EPIA). Il pourrait donc y avoir une "consolidation du secteur", c'est-à-dire la disparition de plusieurs entreprises dans un marché qui a pris des allures de ruée vers l'or. Deuxième effet, plus favorable : une baisse de prix permettant de relancer la demande.

"Le problème est que le marché est concentré sur cinq pays, l'Allemagne, les Etats-Unis, l'Espagne, le Japon et l'Italie, observe Ernesto Macias, président de l'EPIA. Et si l'Europe assure 75 % de la consommation, elle ne couvre que 24 % de l'approvisionnement. Les autres pays devraient faire des efforts pour développer leurs marchés." Clairement visée, la Chine, qui s'assure une part grandissante de la production de panneaux solaires - Suntech est ainsi devenue en quelques années une des premières firmes du secteur -, mais dont la consommation reste très faible, avec 100 MW en 2007.

Le photovoltaïque est-il déjà en surchauffe ? "La récession économique refroidit l'enthousiasme des investisseurs, observe Stephan Droxner, analyste pour le cabinet LBBW. Et l'on sent monter les critiques de responsables politiques sur le coût des mesures de soutien au photovoltaïque."

Ainsi, en Espagne, le marché devrait se contracter à la suite de la décision du gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero de limiter l'aide au photovoltaïque à 300 MWc installés en 2009. Mais d'autres marchés pourraient décoller, notamment la France, qui a adopté un tarif de rachat de 57 centimes par kilowattheure (kWh) : "EDF est dépassée par le succès, observe Jean-Louis Bal, de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Elle traite 800 raccordements d'installations solaires au réseau chaque mois."

Si le solaire doit traverser une crise de croissance, celle-ci ne devrait être que passagère. C'est que la ressource est immense :"Elle est dix mille fois supérieure à la consommation électrique actuelle de l'humanité, observe le chercheur Jean-François Guillemoles. Et c'est une quantité inépuisable pour des millions d'années."



PARITÉ AVEC LE RÉSEAU D'ICI 2020




Daniel Lincot, président du comité scientifique du congrès de Valence, complète : "En moyenne, en France, un mètre carré de sol reçoit chaque année 1 mégawattheure. Si on récupère 10 % de cette énergie, cela représente 16 litres de pétrole ; 5 000 km2 assureraient toute la consommation électrique du pays, soit 540 terawattheure." Pour ses promoteurs, le solaire est l'énergie de l'avenir. Selon Hans-Josef Fell, député au Bundestag, "le photovoltaïque a la capacité de remplacer dans quelques décennies l'énergie nucléaire en Allemagne".

Ces perspectives appartiennent cependant encore au domaine du rêve : le coût de production de l'électricité photovoltaïque reste très élevé, allant, selon les pays, de 30 à 60 centimes d'euros par kWh. Les experts estiment cependant que la "parité avec le réseau", c'est-à-dire l'égalité entre le coût de production d'un kWh par une maison équipée et le prix facturé par le réseau pour fournir ce kWh à la maison, sera atteinte d'ici 2020. La recherche progresse en effet rapidement, tandis que le développement de l'industrie fait baisser les prix par économie d'échelle. D'immenses possibilités existent aussi dans l'électrification rurale des pays pauvres.

Le secteur devra cependant prendre en compte l'environnement, qui ne se réduit pas à l'absence d'émission de gaz carbonique. "On peut raisonnablement équiper l'Europe de 50 000 MW en photovoltaïque, assure Wolfgang Palz, qui a piloté jusqu'en 2002 les énergies renouvelables à la Commission européenne. Mais il ne faut pas se leurrer : cela signifie des panneaux vraiment partout. Il faudra chercher une bonne intégration. Or tous ces industriels qui veulent de l'argent facile ne cherchent pas à faire de jolies photopiles."

Si le photovoltaïque a vocation à équiper les toits des bâtiments, il peut aussi passer par des centrales qui occupent une très grande surface au sol. Mais il faudra démontrer que c'est le meilleur usage qu'on puisse faire de celui-ci.

Les acteurs du solaire assurent que leur souci est altruiste : "Il y a un caractère d'urgence qui donne une particularité à cette communauté, affirme Daniel Lincot. Nous voulons résoudre un problème collectif, pas simplement produire plus de choses, comme d'autres secteurs tels l'automobile ou les écrans plats."

------------------------------------------------


Une course aux matériaux à hauts rendements


LA RECHERCHE en solaire photovoltaïque avance à un rythme soutenu, mobilisant la physique théorique et la chimie de pointe. La technologie utilise actuellement les propriétés conductrices du silicium, un des éléments les plus répandus dans la nature : les photons, grains de lumière du rayonnement solaire, viennent frapper les électrons du matériau constituant la photopile, créant un courant électrique utile.

Pour le futur, trois pistes de recherche se dégagent. D'abord, augmenter les rendements de l'actuelle technologie du silicium. Ils sont aujourd'hui d'environ 15 %, et les chercheurs estiment pouvoir atteindre 30 %.

Mais - c'est la deuxième piste - l'avenir est aux " couches minces " : des films d'un micron d'épaisseur (un millième de millimètre), deux cents fois moins épais que les cellules en silicium et qui présentent l'intérêt de pouvoir être posés sur des surfaces souples, en métal ou en plastique. Les couches minces commencent à pénétrer le marché. Trois techniques sont en compétition : la première utilise du silicium amorphe (a-Si), la deuxième des alliages de cadmium et de tellurure (CdTe), la troisième des alliages de cuivre, d'indium et de sélénium (CIS).

Toujours dans le domaine des couches minces, une autre voie de recherche, plus lointaine, vise à mettre au point des cellules en matière organique, ce qui pourrait conduire à des photopiles en plastique, de faible rendement mais de coût très modeste. Un autre système, découlant d'un concept posé par le Suisse Michael Graetzel en 1991, s'intéresse à l'utilisation de colorants permettant à des matériaux transparents, tels que l'oxyde de titane, de convertir la lumière solaire en électricité.

Un troisième axe de recherche, encore plus futuriste, s'intéresse aux " très hauts rendements ", de l'ordre de 40 % de récupération de l'énergie incidente. Avec les techniques actuelles, près des deux tiers des photons du rayonnement solaire atteignant le matériau ne sont pas utilisés. L'idée est de récupérer ces photons grâce, notamment, aux nanotechnologies et aux possibilités qu'elles offrent de maîtriser la matière à une échelle fine.

------------------------------------------

Un engagement de trente ans

CELA N'ÉTAIT PAS arrivé depuis vingt ans : le comité scientifique de la Conférence de l'énergie solaire photovoltaïque était présidé, à Valence, par un Français, Daniel Lincot. Une reconnaissance prestigieuse pour ce physicien souriant qui dirige un des meilleurs laboratoires de recherche sur les matériaux en couches minces.

" On oublie que l'effet photovoltaïque a été découvert par un Français, Antoine Becquerel, en 1839, et que dans les années 1970, la France était en pointe dans l'énergie solaire. Ma désignation est le signe que les Français sont de retour sur la scène de la recherche ", dit-il.

Né en 1954, ce Breton, diplômé de l'Ecole supérieure de physique et de chimie de Paris en 1978, a choisi de se lancer dans la recherche sur l'énergie solaire, consacrant sa thèse aux phénomènes d'interface entre matériaux. " A cette époque, il était très mal vu par les physiciens de s'intéresser au photovoltaïque ", assure-t-il.

Daniel Lincot a pourtant poursuivi dans cette voie, collaborant avec des équipes aussi passionnées que la sienne par l'étude des couches minces, en Allemagne et en Angleterre. Ce groupe européen a obtenu les meilleurs résultats mondiaux dans ce domaine en 1991. Ce travail a continué dans les années 1990, le laboratoire du physicien, devenu directeur de recherche au CNRS, se spécialisant dans le dépôt par électrolyse des couches minces. Une rencontre avec le service de recherche d'EDF a conduit à la création, en 2005, d'un laboratoire commun EDF-CNRS, l'Institut de recherche et de développement sur l'énergie photovoltaïque (Irdep).

L'activité scientifique de Daniel Lincot se double d'un intense travail dans les réseaux internationaux qui lui a valu la reconnaissance de ses pairs. En tant que président du comité scientifique du congrès de Valence, il a inspiré un appel international des chercheurs pour l'accélération du déploiement du photovoltaïque à l'échelle mondiale, signé par plus de 200 des meilleurs spécialistes. " L'humanité fait face au défi dramatique créé par l'épuisement progressif des carburants fossiles et l'accélération du changement climatique. L'utilisation des énergies renouvelables est devenue une nécessité urgente et absolue ", affirme ce texte.

haut de page

 

Journée Européenne d'action sur le thème de l'uranium
Samedi 20 septembre 2008

Les meilleurs déchets nucléaires sont ceux qui ne sont pas produits

Dans beaucoup de pays, on exploite des mines d'uranium et il y a des usines d'uranium en fonctionnement. La multinationale Urenco est par exemple l'un de ces promoteurs de l'exploitation de l'uranium à l'échelle mondiale. Urenco exploite une usine d'enrichissement à Capenhurst (GB), Almelo (NL) et Gronau (D). Eurodif, une filiale du groupe français Areva exploite le site de Tricastin-Pierrelatte. Le dernier accident en date au Tricastin montre combien il est important de résister à l'échelle internationale contre cette technologie inhumaine. Au Tricastin, de grosse quantités d'eau contaminées à l'uranium se sont échappées dans la nature (on parle de 75 à 360 Kilos d'uranium), ce qui a conduit les autorités à interdire l'utilisation de l'eau dans la région. Début 2005, les autorités allemande ont autorisé l'agrandissement de l'usine d'enrichissement de l'uranium de Gronau. Au Pays-Bas, une procédure pour l'agrandissement de l'usine est en cours. En France aussi on fait des travaux, Areva a même racheté les brevets d'Urenco en ce qui concerne le processus d'enrichissement. Les transports d'uranium UF6 de Gronau à destination de la Russie et de la France ont, ces dernières années, été sous le feu d'une critique toujours plus grande et sont au centre d'activités de résistance à dimension internationale.

On a besoin d'uranium pour produire des combustibles pour les centrales nucléaires (et pour faire des armes nucléaires). Les transports d'uranium ont lieu régulièrement à travers l'Europe et le monde. C'est pourquoi la coordination internationale des actions de résistance doit se poursuivre. Cette politique est dangereuse pour l'homme et la nature. Notre résistance doit commencer au début du cycle du combustible nucléaire.

Exploitation de l'uranium, conversion et enrichissement, transports, fabrication de combustibles

Le robinet doit être fermé partout et tout de suite! Soyez actifs!

* Que faire?

Nous appelons à une journée de mobilisation pour le 20 Septembre 2008

Nous sommes des citoyens et organisations actives contre le nucléaire, issus de Russie, de France, d'Allemagne, de Finlande, etc. Nous avons décidé, à l'issue des conférences antinucléaires internationales de Dortmund (Allemagne), Helsinki (Finlande) et Ahaus (Allemagne) en 2007 et 2008, de nous mobiliser ensemble contre les dangers pour l'homme et la nature liés à l'exploitation et l'utilisation de l'uranium dans le monde entier. Nous offrons ainsi un cadre ouvert pour protester ensemble le 20 septembre.

Le déroulement prévu:

Chaque groupe ou initiative locale choisi elle-même son mode d'action préféré: Peu importe qu'il s'agisse d'une soirée-informations, de théâtre de rue, d'action directe de désobéissance civile, d'une conférence de presse, d'une manifestation ou encore d'une inspection civile d'installation nucléaire militaire. Il faut laisser de la place pour de nouvelles idées, de la créativité, de la spontanéité.

Les nombreux aspects des monstrueuses activités du Lobby nucléaire doivent être au centre des actions: Exploitation de l'uranium, transport nucléaires, enrichissement de l'uranium, utilisation à des fins militaires...

* Ton groupe veut participer?

Nous voulons donner une dimension internationale à cette journée de mobilisation. Afin d'avoir une bonne vue d'ensemble sur les activités prévues, nous serions contents que tu inscrives ton activité dans sur le site Wiki consacré à la mobilisation : http://uranium-action-day.info

Tu peux aussi envoyer un mail à info ÄT uranium-action-day.info
[1] http://www.greenkids.de/europas-atomerbe/index.php/Uranium-Action-Day#_note-Spamprotection
N'oublie pas d'indiquer le lieu, l'heure et un contact.

 


La Recherche n°422 - septembre 2008 - Cécile Michaut

Le coût d'ITER pourrait flamber


Quatre-vingts modifications dans la conception du réacteur expérimental de fusion ITER vont entraîner un surcoût non encore  précisé.

ITER coûtera-t-il bien plus cher que prévu? Le futur réacteur expérimental de fusion nucléaire en construction à Cadarache, dans  les Bouches-du-Rhône, devait coûter 10 milliards d'euros : 5 pour sa construction, et 5 pour son exploitation. Son but : prouver la  faisabilité scientifique et technique de la fusion nucléaire pour produire de l'énergie. Mais les scientifiques en charge du projet ont réclamé plusieurs changements dans la conception de ce réacteur. Ces modifications ont été acceptées par le conseil, l'organe exécutif d'ITER, lors d'une réunion à Aomori au Japon.  Et qui dit changements dit surcoût.

Le dépassement du budget de construction atteindrait 30%, mais Stephen Dean, président de la fondation Fusion Power Associates, estime dans le journal Nature (1) que le coût total pourrait en réalité doubler. Car il faut aussi compter avec la forte hausse du coût des matières premières, notamment du cuivre des gigantesques aimants servant à confiner le plasma. Mais si le conseil a approuvé le nouveau cahier des chargea d'ITER, il n'en a pas approuvé le surcoût. «Le chiffrage final sera issu d'une procédure longue et compliquée, indique Neil Galder, directeur de la communication d'ITER. Nous avons demandé une évaluation indépendante des coûts par un groupe d'experts internationaux, qui devra aussi proposer des pistes d'économies. Il rendra son rapport en novembre. »

Personne, cependant, ne remet en question la nécessité de modifier la conception du réacteur. La précédente datait de 2001, avant que le projet soit rendu au point mort, puis relancé en version simplifiée en 2005 (2). Depuis, des progrès ont été faits tant en physique des plasmas que dans l'ingénierie des réacteurs. Ce sont ainsi pas moins de quatre-vingts modifications qui ont été réclamées, concernant notamment le système de chauffage du plasma par micro-ondes, l'ajout de nouveaux aimants pour mieux contrôler les instabilités du plasma, ou encore le diverteur, un dispositif destiné à extraire le combustible usé.

Les délais ont aussi été revus à la hausse. La date de production du premier plasma, prévue pour 2016, a été retardée à 2018. En effet, deux ans ont été nécessaires pour mettre en place l'organisation juridique, financière et administrative de cette énorme coopération internationale. Car le nombre de pays impliqués augmente la complexité du projet: chacun des sept partenaires dispose d'une «agence domestique », chargée d'assurer sa contribution au programme, qui dispose de son personnel, de son budget, et négocie les contrats en vue d'assurer sa contribution en nature. Cela n'entraîne pas toujours une gestion très rationnelle. Un huitième partenaire devrait, par ailleurs, bientôt rejoindre le consortium: le conseil d'ITER a approuvé l'ouverture de négociations avec le Kazakhstan.
Les gouvernements des pays impliqués dans ITER remettront-ils la main au porte-monnaie ? Rien n'est moins sûr. En décembre 2007, le Congrès américain a déjà pris la décision de ne pas inclure dans le budget 2008 les 145 millions de dollars dus pour ITER...


(1) G. Brumfeld, Nature, 453, 829, 2008.
(2) Cécile Michaut, La Recherche, septembre 2005, p.24.

 

haut de page

For a nuclear-free world - European meeting report - Paris, 11-12th july, 2008
Organized by the french NGO Réseau "Sortir du nucléaire"

Doc. PDF cliquez ici

 


Rassemblement européen “Pour un monde sans nucléaire”.

Le 1er juillet 2008, le gouvernement français présidera pour 6 mois l’Union européenne.

L’énergie et le nucléaire sont deux enjeux majeurs de cette présidence et le président Sarkozy entend l'utiliser comme tribune pour faire une large promotion du nucléaire auprès des gouvernements européens.

Dès le lendemain de notre rassemblement, N. Sarkozy recevra à Paris des dizaines de chefs d’Etat de l’Union européenne et du pourtour méditerranéen.

Nous pouvons donc compter sur une très forte couverture médiatique internationale.

Il est donc essentiel que nous soyons nombreux à ce rassemblement pour faire entendre une autre voix à l’opinion publique internationale.

Merci d’agir sans tarder !

 

Découvrez le programme complet ici : http://www.sortirdunucleaire.org/

Commandez gratuitement des tracts et affiches :
http://www.sortirdunucleaire.org/12juillet-paris/spip.php?rubrique3

Organisez un départ groupé : http://www.sortirdunucleaire.org/12juillet-paris/spip.php?article4


Trois actions spectaculaires dont vous serez les acteurs :
http://www.sortirdunucleaire.org/12juillet-paris/spip.php?rubrique8

Inscrivez-vous comme partenaire (association, partis politiques, 
syndicats...) :
http://www.sortirdunucleaire.org/12juillet-paris/spip.php?article12


Pour tous renseignements sur le rassemblement, envoyez un mail à :

12-juillet-paris@sortirdunucleaire.fr

 
haut de page

haut de page
 

 

Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité

CRIIRAD 471 av. Victor Hugo 26000 VALENCE

Tel : 04 75 41 82 50   -   Fax : 04 75 81 26 48

Email : communication@criirad.org / Site web : www.criirad.org


 3 juillet 2008

Scandale AU Tricastin :

Plus de 770 tonnes de déchets radioactifs enfouis depuis

plus de 30 ans à même le sol, en toute illégalité !



La CRIIRAD demande la publication d’un bilan exhaustif,

la reprise de la totalité des déchets et la décontamination intégrale du site.



RV pour un débat sur cette question demain 4 juillet, à partir de 8h30

Réunion de la CIGEET, Valence, Préfecture de la Drome (salle Barjavel).





Le site nucléaire du Tricastin est implanté à la limite des départements de la
Drôme et du Vaucluse, sur le territoire des communes de Pierrelatte,
St-Paul-3-Châteaux et Bollène. Il englobe 8 Installations Nucléaires de Base
(INB1), plusieurs Installations Classées pour la Protection de l’Environnement
(ICPE) ainsi que l’Installation Nucléaire de Base Secrète (INB-S) du CEA-Cogéma.



A diverses reprises dans le passé, le laboratoire de la CRIIRAD a mis en
évidence des niveaux d’irradiation anormalement élevés en limite du site
nucléaire du Tricastin. Ces contrôles révélaient des défauts d’application des
règles de radioprotection et soulevaient d’importantes questions sur
l’exposition des travailleurs intervenant à l’intérieur du site.

Les niveaux les plus irradiants étaient identifiés sur le côté Ouest, au niveau
du parc à fûts et du portail d’entrée AREVA – SAUR : de l’ordre de 400 coups par
seconde (c/s) relevés au DG5 pour un bruit de fond normal d’environ 60 c/s.



Une autre zone anormale, bien que moins marquée (130 à 140 c/s), était repérée
sur le côté Est, au nord des installations EDF et COMURHEX, au droit d’une sorte
de tumulus. Ce tumulus est situé dans le périmètre de l’INB-S dont le CEA est
propriétaire et Cogéma (AREVA NC) l’exploitant.



Les recherches documentaires que nous avons effectuées conduisent à considérer
que le rayonnement détectable sur le chemin des agriculteurs pourrait provenir
du tumulus lui-même. En effet, il ne s’agit pas d’une simple butte de terre mais
d’un amoncellement de déchets radioactifs et chimiques directement enfouis dans
le sol !





ANALYSE DES INVENTAIRES ANDRA



L’Agence nationale des déchets radioactifs (ANDRA) publie depuis 1993 un
inventaire national des déchets radioactifs. Le premier inventaire ne mentionne
ni le tumulus, ni même l’existence des déchets. Les inventaires publiés de 1994
à 1999 consacrent une fiche aux déchets radioactifs de l’INB-S CEA-COGEMA de
Pierrelatte (fiche référencée RHO 28, puis RHO 28B). Ils sont présentés comme
des « déchets d’exploitation et d’assainissement issus des installations
d’enrichissement de l’uranium par diffusion gazeuse et traitements chimiques ».
Il s’agirait de « déchets de barrières de diffusion gazeuse, fluorures, boues
chromiques » pour une activité totale de 42 GBq et de « déchets divers, gravats…
» pour 8 GBq. La fiche indique qu’il s’agit d’un entreposage mais ne fait aucune
allusion au fait que les déchets ne sont pas dans des modules bâtis mais ont été
directement enfouis dans le sol.



Il faut attendre l’inventaire ANDRA de 20022 pour apprendre que les déchets des
installations de production d’uranium enrichi à usage militaire ont été «
enfouis entre 1969 et 1976 dans une butte de terre d’un volume d’environ 15 000
m3 ». La terre, qui recouvre les déchets, les dissimule à la vue mais pas à
l’action délétère des eaux météorites. Il s’agit d’une violation caractérisée
des règles de stockage qui doivent garantir que les déchets sont isolés de
l’environnement et qu’il est possible de les contrôler et, si nécessaire de les
reconditionner. Ces pratiques sont choquantes y compris pour le début des années
70.



On ne peut exclure que l’ANDRA ait souhaité occulter les conditions de stockage
scandaleuses de ces déchets mais le plus probable est qu’elle ne fasse que
répercuter les informations que l’exploitant veut bien communiquer. La CRIIRAD a
pu constater sur plusieurs dossiers que l’Agence nationale n’effectue aucun
contrôle sur le terrain et que l’analyse critique des données des exploitants
est très insuffisante3. Les informations contenues dans les inventaires doivent
donc être considérées avec beaucoup de recul.



LE CONTENU DU TUMULUS



Si l’on se réfère à l’inventaire ANDRA plus récent (publié en 2006, avec une
mise à jour à mai 2005 pour la fiche RHO-43),  l’amoncellement de déchets
radioactifs serait constitué de :

- déchets radioactifs provenant des 4 usines militaires de séparation isotopique
(usines militaires basse, moyenne, haute et très haute correspondant
respectivement à de l’uranium faiblement, moyennement, fortement et très
fortement enrichi, soit plus de 90% d’uranium 235). Ces déchets seraient
constitués de barrières de diffusion pour une masse totale de 760 tonnes.
L’ANDRA ne donne aucune précision ni sur la composition des déchets, notamment
sur leur teneur en uranium 235, ni sur les éventuels risques de criticité ;

- des déchets de catégorie TFA-VL - très faible activité mais vie longue (en
l’occurrence, très, très longue) - constitués de filtres de conditionnement (46
m3) et de fluorines ((14 000 m3) ;

- de déchets toxiques sur le plan chimique (chrome trivalent notamment)
présentés comme exempts de radioactivité (mais sans précision chiffrée, en
particulier sur les protocoles de contrôle ni sur les seuils de détection).
L’ANDRA indique qu’il s’agit de boues issues de la station de traitement des
effluents, sans préciser le volume ou le tonnage déversés sur le tumulus.





LES DEMANDES DE LA CRIIRAD



Sur la base des investigations conduites par son laboratoire et des messages
alarmants qui lui sont parvenus, la CRIIRAD demande :

1- la communication d’un état détaillé de la structure du tumulus et des déchets
radioactifs et chimiques qu’il contient : descriptif de l’emplacement initial
(présence d’une dalle de protection, d’un réseau de drainage… ou absence totale
de protection de la nappe contre les infiltrations d’eau ? amoncellement à
partir du niveau du sol ou en profondeur ? etc.) ; historique des déversements :
dates, volumes, masses, nature des conditionnements (s’il existe), masses de
terre utilisées pour le recouvrement, etc.

2- la reprise des déchets, leur caractérisation, leur reconditionnement éventuel
(vérification de l’étanchéité des fûts, de leur absence de contamination
externe) et leur transfert vers des installations d’entreposage ou de stockage
ad hoc ;

3- le contrôle radiologique et chimique de la terre dans laquelle les fûts et
autres déchets ont été enfouis et, si nécessaire, le conditionnement et le
stockage des volumes contaminés ;

4- l’autorisation d’accéder au site afin d’effectuer des mesures radiamétriques
et spectrométriques au niveau du tumulus et de procéder à des prélèvements d’eau
au niveau des piézomètres afin de vérifier si les informations relatives à la
contamination des eaux souterraines sont avérées ou relèvent de la rumeur.



La CRIIRAD a en effet reçu récemment plusieurs courriers et appels téléphoniques
de travailleurs intervenant sur le site du Tricastin l’alertant sur des
dysfonctionnements graves, et notamment 1/ sur l’érosion que subit le tumulus de
déchets (pluie, vent…), érosion qui a mis à jour récemment un certain nombre de
fûts et qui a été traitée en déversant une nouvelle couche de terre sur les
déchets ; 2/ sur la contamination (chimique et radiologique) de la nappe située
au droit du site.



L’URGENCE

Les interventions doivent être conduites dans les meilleurs délais. En effet,
plus le temps passe, plus le nombre de fûts corrodés et éventrés augmente, plus
augmentent les risques de pollution du sol et des eaux souterraines, le nombre
de personnes exposées aux rayonnements émis par le tumulus et les risques de
contamination par inhalation de gaz et d’aérosols radioactifs.

Cela fait plus de 30 ans que ce dépôt illégal de polluants radioactifs et
chimiques se maintient, en toute impunité, en violation des principes
fondamentaux de gestion des déchets, principes censés garantir la préservation
de l’environnement et la protection sanitaire des travailleurs et du public.

Il est choquant de constater que ni l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), ni les
ministères concernés n’ont exigé de mise en conformité et qu’ils continuent au
contraire d’accorder aux exploitants de nouvelles autorisations. Le traitement
des pollutions passées et le confinement des déchets toxiques devraient
constituer un préalable à tout nouveau projet de développement.




--------------------------------------------------------------------------------

1 INB 87 et 88 correspondant aux 4 réacteurs du CNPE  EDF ; INB 93 pour l’usine
EURODIF d’enrichissement par diffusion gazeuse (Georges Besse) ; INB 105 pour
l’usine COMURHEX de conversion de l’UF4 en UF6 ; INB 138 pour les installations
SOCATRI d’assainissement et de récupération de l’uranium ; INB 155 pour l’usine
TU5 d’AREVA NC (Cogéma) ; INB 157 pour l’installation de maintenance nucléaire
d’EDF, dite Base Chaude Opérationnelle du Tricastin (BCOT) ; INB 168 pour la
future usine SET d’enrichissement de l’uranium par centrifugation (Georges Besse
II) dont la construction a été autorisée en avril 2007.



2 Il est possible que l’information figure dans l’inventaire publié en 2000 dont
la CRIIRAD ne dispose pas. En 2001, il n’y a pas eu de publication.



3 Cf. par exemple les dossiers Malvési-Comurhex (aucune mention de la présence
des transuraniens dans les quelques 300 000 tonnes de déchets radioactifs,
disparition du radionucléide clef, le thorium 230, etc) et Gueugnon-AREVA (rien
sur les 26 000 tonnes de résidus radioactifs présents dans le sol du parking du
stade de foot, pour ne citer que les plus récents).
 
haut de page
 

A ne pas manquer aujourd'hui, l'emission à 16 heures sur France- Culture sur l'entretien de "nos" centrales.

http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/sur_docks/archives.php

SUR LES DOCKS Champ libre (4/5) : "L'usine atomique"
Productrice coordonnatrice : Irène Omélianenko, Producteur délégué : Laurent Salters
Avec : Michel Lallier : chimiste et ex-syndicaliste CGT de la  centrale de Chinon; Dominique Huez : médecin du travail à la  centrale de Chinon.
Un documentaire de Laurent Salters et Rafik Zenine

En tout, ils sont vingt mille. Le grand public ne connaît pas leur existence. Ce sont les ouvriers de la sous-traitance dans le nucléaire. Ce sont eux qui nettoient les réacteurs des centrales lors  " des arrêts de tranches ", ces périodes ou les centrales s'arrêtent pour des missions d'entretiens. Cette population ouvrière travaille dans des conditions qui laissent rêveur. Soumis aux rayonnements radioactifs lors de leurs activités, ils subissent en plus une pression énorme. En effet, chaque journée d'arrêt de tranche d'une centrale coûte un million d'euros à EDF. Tout doit aller très vite. 
Les contraintes liées à la sous-traitance sont énormes. Certains d'entre eux sont nomades et se déplacent au gré des chantiers. Les doses radioactives ingérées sont importantes... Pour certains, le manque totale de transparence dans la sous-traitance pose de sérieux problèmes quant à la sécurité des centrales.

Avec :
Michel Lallier, chimiste et ex-syndicaliste CGT de la centrale de Chinon ; Dominique Huez, médecin du travail à la centrale de Chinon; un groupe d'ouvriers de la société Endell, qui nous décrit ses  conditions de travail et en prime une visite dans la centrale de Civaux, la vitrine du nucléaire français.
Réalisation : Rafik Zenine
haut de page
 

 

"Journée Chernobyl Day"

Enorme succès de la journée internationale de mobilisation contre le nucléaire "Chernobyl Day"coordonnée par le Réseau "Sortir du nucléaire".

+ de 16 reportages TV à voir ici :
http://www.chernobyl-day.org/spip.php?rubrique21

+ de 70 articles de presse à lire ici :
http://www.chernobyl-day.org/spip.php?rubrique19

Et aussi des centaines de photos, vidéos, comptes rendus des actions partout en France en cliquant ici :
http://www.chernobyl-day.org/spip.php?rubrique20
haut de page

 

Le Monde - 29 avril 2008 - Hervé Kempf
Le passé atomique du Royaume-Uni pèse sur la relance de sa filière nucléaire



On n'imagine pas cimetière industriel plus riant : sous le soleil de printemps, le site de Sellafield, enchâssé entre des collines tapissées de vertes prairies et une mer d'Irlande à l'écume paisible, a une allure pimpante. Vu du toit du bâtiment B 204, c'est une ruche d'usines, de hangars, de voies de chemin de fer, de grillages, de grues, de pylônes électriques dans laquelle, sur quatre kilomètres carrés, s'activent travailleurs et véhicules. On pourrait se croire au temps des "bons vieux jours", selon l'expression du responsable du démantèlement du bâtiment B 204. John Daniel évoque, cachant sous l'ironie une nostalgie désabusée, une époque où l'énergie nucléaire avait l'avenir devant elle, où la reine venait inaugurer les nouveaux réacteurs, où l'on signait des contrats avec les Japonais, où l'on rivalisait avec les Frenchies et leur usine de La Hague.
Mais les blocs cubiques, distingués par la couleur des tôles qui les revêtent - beige, rose, bleu, noir -, n'ont des usines modernes ou des zones industrielles que l'apparence : ils ne produisent rien mais dissimulent, ici des déchets radioactifs dont on ne sait que faire, là des réacteurs nucléaires ou des installations hors d'usage et contaminés, ailleurs des chaînes de traitement qui fonctionnent cahin- caha ou un stock de 85 tonnes de plutonium sans destination.

"Il faudra démanteler environ dix gros bâtiments et une centaine de petits", dit Stephen Stagg, de Sellafield Limited, la compagnie qui gère le lieu. La principale usine encore opérationnelle, dédiée au retraitement du combustible usé, fonctionne mal : dénommée Thorp, elle s'est arrêtée deux ans suite à un accident, a redémarré en 2007 avant que la défaillance d'un élévateur, en janvier 2008, n'interrompe à nouveau son activité. Elle a redémarré en mars, mais devra stopper cet été pour que l'on y change une pièce majeure.

Ouvert en 1947, Sellafield a d'abord abrité les équipements permettant au Royaume-Uni de fabriquer le plutonium indispensable à la bombe dont il voulait se doter. Il s'y est produit, en 1957, l'un des accidents les plus graves de l'histoire du nucléaire, l'incendie de la "pile" de Windscale, dont la haute cheminée domine toujours la zone. Cela n'a pas empêché l'ajout successif de réacteurs producteurs d'électricité, de diverses usines de retraitement, de Thorp, de plusieurs entrepôts de déchets. Et d'une unité de fabrication de Mox - un mélange de plutonium et d'uranium servant de combustible nucléaire - qui n'a jamais fonctionné correctement. Si bien que la Grande-Bretagne s'apprête à livrer à Areva du plutonium pour compenser la production par l'industriel français du Mox qu'elle n'a pas été capable de fournir...

La radioactivité énorme que recèle Sellafield, et celle d'une quinzaine d'autres implantations nucléaires moins massives dispersées dans le pays, induit des coûts de démantèlement faramineux : 92 milliards d'euros, selon la Nuclear Decommissioning Authority (NDA), l'agence gouvernementale chargée de ce travail. "Ce chiffre va certainement augmenter, parce que l'information précise sur les sites s'améliore", note Pip Hatt, de la NDA. Il faudra ajouter le coût des installations de stockage final des déchets très radioactifs, qui pourrait dépasser 20 milliards d'euros. Ni le lieu ni la forme de ce stockage ne sont d'ailleurs définis.

Mais il ne s'agit pas seulement de régler la facture du passé. L'équipe du premier ministre britannique Gordon Brown a fait le choix de relancer le nucléaire, préparant la construction de dix nouveaux réacteurs. Une décision inspirée par le fait que la Grande-Bretagne devra faire face à la fermeture programmée, vers 2015, des 15 réacteurs qui y fonctionnent encore. Echaudé par le passif de Sellafield, le gouvernement entend que ce soit le secteur privé qui prenne en charge cette relance. EDF, Areva, l'Allemand RWE, le suédois Vattenfall, d'autres encore sont sur les rangs. Le réacteur EPR, proposé par EDF et par Areva, tient la corde. EDF produit déjà de l'électricité au Royaume-Uni, tandis qu'Areva apporte un conseil technique à Sellafield et postule, au sein d'un consortium, à la gestion du site, dans le cadre d'un contrat préparé par la NDA pour dix-sept ans.

"Si l'on veut faire face au changement climatique, le nucléaire fait partie du "mix" énergétique permettant d'y parvenir", dit le ministre de l'énergie, Malcolm Wicks, à Londres, dans un entretien au Monde.
Mais le Royaume-Uni ne sait que faire de ses déchets nucléaires, ceux du passé comme ceux qui seraient créés par les nouveaux réacteurs.
"Nous n'avons pas de solution spécifique, reconnaît Malcolm Wicks. Mais les nouveaux réacteurs entreront en fonctionnement en 2017 ou 2020 ; ils fonctionneront pendant quarante ou cinquante ans : il y a du temps pour trouver une solution." Il précise : "Nous serons attentifs à ce que le coût total du cycle nucléaire soit assumé par le secteur privé."

Par l'intermédiaire d'EDF et d'Areva, la France sera-t-elle impliquée dans la liquidation des déchets radioactifs futurs outre-Manche ?
Même s'il était pour partie répercuté sur la facture électrique des Britanniques, le coût final de cette gestion reste inconnu. "Le contribuable français pourrait finir par payer les coûts réels du nucléaire britannique", observe Shaun Burnie, un consultant indépendant.

haut de page



Sortir du nucléaire

Echangez des informations et débattez sur le nucléaire et les alternatives énergétiques.

Nous mettons à votre disposition plusieurs listes de discussion :

1- une liste de discussion nationale.

2- des listes thématiques pour discuter des sujets suivants : EPR, THT, ITER, DECHETS NUCLÉAIRES.

3- des listes régionales pour échanger avec des gens de votre région notamment sur des évènements ou des dossiers locaux (comme une centrale ou un site nucléaire proche de chez vous, des alternatives locales...).

Pour en savoir plus et s’inscrire à une ou plusieurs listes,
cliquez ici : http://www.sortirdunucleaire.org/index.php
menu=sinformer&page=listes2

Pour toute question, n’hésitez pas à contacter : Jocelyn PEYRET 
jocelyn.peyret@sortirdunucleaire.fr

http://www.sortirdunucleaire.org/
index.php?menu=sinformer&page=listes2

 
Réseau "Sortir du nucléaire" - Fédération de 820 associations

Communiqué du 26 avril 2008
22ème "anniversaire" de la catastrophe de Tchernobyl,
le jour où le nuage ne s’est pas arrêté à la frontière.
   
À l'occasion du 22ème "anniversaire" de la catastrophe de Tchernobyl, samedi 26 avril 2008, le Réseau "Sortir du nucléaire" (France) appelle, en hommage aux milliers de victimes du plus grave accident industriel de l’histoire, mais aussi à toutes les victimes anonymes de l’atome, à une journée internationale de mobilisation contre le nucléaire.

Un peu partout en France et en Europe, des manifestants portant le même masque resteront immobiles devant des sites nucléaires civils et militaires, des sièges d’entreprises pro-nucléaires, des ministères, des préfectures, des mairies, etc. Cette opération, baptisée "Des masques pour Chernobyl Day", a pour but de rappeler que, deux décennies plus tard, la catastrophe de Tchernobyl est toujours d’actualité. Et qu’elle le restera encore, hélas, pendant des siècles.
Si le lobby nucléaire et les élus qui le soutiennent prétendent que, plus de 20 ans après, Tchernobyl est désormais de l’histoire ancienne, on peut penser, au contraire, qu’il ne faut surtout pas oublier ce drame :


- parce qu'il a toutes les chances de se reproduire tant qu’une seule  centrale sera en fonctionnement quelque part sur la planète,

- parce que, loin d’être une affaire classée, la catastrophe de Tchernobyl voit ses conséquences sanitaires s'aggraver d'année en année, avec son lot de cancers chez les adultes et les enfants, et de malformations génétiques. Ailleurs, partout en Europe, on le sait, les cancers de la thyroïde sont en constante augmentation.

 

Aujourd'hui encore, des millions des gens continuent en effet à vivre dans les zones les plus touchées et à consommer des produits agricoles contaminés, en particulier par le césium. Du coup, en Ukraine, en Russie et en Biélorussie, l'espérance de vie diminue, contrairement à ce qui se passe dans le reste de l'Europe.


Les 435 réacteurs nucléaires actuellement en service sur la planète sont vieillissants et devront être fermés dans les prochaines années. Au lieu d’en construire de nouveaux pour les remplacer et perpétuer ainsi le péril atomique, tant civil que militaire, profitons au contraire de cette conjoncture pour hâter la fin de cette technologie dépassée et pour investir massivement, partout dans le monde, dans les énergies renouvelables et bien sûr dans les économies d'énergie.


Le Réseau "Sortir du nucléaire" a créé un site web spécifique
(http:// chernobyl-day.org) pour cette journée internationale de mobilisation.
haut de page
 
L'Insécurité nucléaire Stéphane Lhomme Stéphane Lhomme
"L'insécurité nucléaire"
éditions Yves Michel, 2006.
Le bouquin est en vente
à la librairie de Cobionat Biocoop,
Montée des Moulins
83690 SALERNES
Tél : 04 94 70 68 46


Ma journée à la DST

Compte-rendu, par Stéphane Lhomme



Ce mardi 25 mars 2008, en tant que porte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire", j'étais convoqué au siège national de la DST (Division de  la surveillance du territoire), dans le cadre de l'affaire du document "confidentiel défense", issu d'EDF, qui concerne le réacteur nucléaire EPR, actuellement en construction à Flamanville (Manche).

Petit retour en arrière : en novembre 2003, et à de nombreuses reprises par la suite, le Réseau "Sortir du nucléaire" a fait savoir qu’il détenait un document de la plus grande importance qui reconnaît que, contrairement à la thèse officielle, l'EPR n’est pas conçu pour résister à un crash suicide (*). J'ai même brandi ce document à la télévision dans l'émission France europe express le 16 novembre 2004, face à Mme Lauvergeon (Présidente d’Areva).

Or, pendant près de trois ans, à part quand même quelques articles dans la presse nationale, l’affaire n’a pas fait le bruit qu’elle méritait : en effet, si sa construction est menée à terme, l’EPR sera le premier réacteur "post 11 septembre 2001". Chacun le comprend bien, il est injustifiable que ce réacteur ne résiste pas à un crash suicide.

Cette évidence a d’ailleurs été bien perçue par les autorités françaises et les industriels du nucléaire qui ont donc décidé de cacher la vérité. Ainsi, Mme Lauvergeon a déclaré à de nombreuses reprises "Le réacteur EPR a été conçu pour résister à tout, y compris aux chutes d’avion". Or le fameux document reconnaît exactement l'inverse (**). Conclusion claire... mais intolérable pour l'Etat pronucléaire.

Il n'est donc pas surprenant - même s'il est difficile de comprendre pourquoi cela s'est produit au bout de deux ans et demi - que la DST ait fait irruption dans cette affaire, le 16 mai 2006. Placé en garde à vue, soumis à un interrogatoire serré pendant quatorze heures je n'ai bien sûr pas répondu à la question "Qui, à EDF, a fourni des informations sensibles au Réseau Sortir du nucléaire ?". La DST s'est emparée chez moi de dizaines de documents et de matériel informatique dont nous attendons toujours la restitution.

Après avoir bu un verre avec les gens rassemblés en solidarité, je suis donc entré dans l'immeuble de la DST à 14h ce mardi 25 mars 2008, et... j'ai immédiatement été placé en garde à vue. Surprise, il m'a été annoncé que c'était la suite de celle commencée près de 2 ans plus tôt : sur 24h, il m'en restait 10 à "tirer" ! Je ne savais pas qu'on pouvait ainsi découper en tranche une garde à vue.

Après diverses formalités – fouille, déshabillage, rhabillage, inventaire du sac, visite médicale, entretien (1/2h) avec l'avocat du Réseau "Sortir du nucléaire", etc – entrecoupées de "repos" en cellule, les affaires sérieuses ont commencé. J'ai retrouvé ma capitaine "préférée", une certaine Nolwenn (non, pas la chanteuse), pas commode et très droite dans ses bottes – elle portait des bottes.

"Madame Nolwenn" – c'est ainsi que je m'adressais à elle - m'a expliqué ce que je savais déjà : le délit de "compromission du secret de la défense nationale" est constitué à mon encontre et incontestable. Ca tombe bien, nous ne le contestons pas : au contraire, nous le revendiquons. J'ai eu droit à une lecture du codepénal, me confirmant que la peine prévue était de 5 ans de prison et 75 000 euros d'amende. Mais c'est un maximum : avec un peu de chance, je n'écoperai que de 58 mois et 72 000 euros !

J'ai demandé à mes interlocuteurs les raisons de cet étonnant "vide" entre le 16 mai 2006 et ce 25 mars 2008 : s'étaient-ils donc endormis ? Réponse négative : ils m'ont montré une énorme pile de documents et dossiers accumulés depuis. Les questions se sont alors faites plus précises : de toute évidence il s'agissait de "remonter" la piste pour savoir qui, de l'intérieur d'EDF, avait fait parvenir des documents aux antinucléaires. Bonne nouvelle : les enquêteurs sont donc en échec sur ce plan.

Une liste de responsables d'EDF m'a même été présentée : les policiers espéraient-ils vraiment que je leur désigne la "taupe" ? De toute façon, je leur ai fait la même réponse qu'en 2006 : celui qui m'a donné le document "Confidentiel défense", c'est... le facteur ! 
Non, pas Olivier Besancenot (***), mais mon facteur à moi, celui qui passe dans ma rue ! Curieusement, la DST n'a pas souhaité arrêter cet "espion" caché sous l'uniforme de La Poste.

J'ai alors signifié que, m'étant levé à 6h du matin, je commençais à sentir les effets de la fatigue et que je me ferais un plaisir de continuer cet entretien... le lendemain matin. Je me suis alors faitsévèrement "gronder" : il parait que "la DST n'est pas un hôtel" et que "la garde à vue n'est pas faite pour dormir."

J'ai aussi eu droit à une scène digne d'un mauvais téléfilm policier, du genre "Si tu sors les mains en l'air, on ne te comptera pas la prise d'otage, juste le braquage".  Ben voyons. En l'occurrence, si j'étais coopératif par rapport à la "taupe", le tribunal saurait "en tenir compte". J'ai éludé la proposition d'un bâillement désintéressé.

Mes interlocuteurs ont alors tenté autre chose : "A cause de vous, des gens innocents chez EDF vont être mis en cause". Bigre, la DST est prête à arrêter n'importe qui, même des innocents (il y en a donc chez EDF, notez bien !). Peine perdue.

Dépités, Madame Nolwenn et ses collègues m'ont expliqué qu'il était hors de question de me garder jusqu'au lendemain, pour ne pas que l'affaire prenne trop d'ampleur sur le plan médiatique. Ils ont même estimé que c'était là mon objectif. Que de suspicions !

Finalement, j'ai été relâché un peu avant 23 heures, sans avoir répondu aux questions des policiers, visiblement dépités : Madame  Nolwenn m'a raccompagné jusqu'à la sortie... mais a tourné les talons sans même me dire au revoir.

L'affaire reste donc en cours, je garde au dessus de la tête une épée de Damoclès de 5 ans de prison et de lourdes amendes. Mais surtout... il me reste 1h15 de garde à vue à faire !


Stéphane Lhomme
27 mars 2008


(*) Précision fondamentale : par cette action de désobéissance citoyenne, nous ne mettions personne en danger puisque l’EPR n’existait alors que sur le papier, et n'est aujourd'hui encore qu'audébut de sa construction. Pour qu'aucun terroriste ne puisse mettre à profit les informations désormais publiques, il suffit... que l'EPR ne soit pas construit. Si des gens sont irresponsables dans cette affaire, il s'agit bien de ceux - industriels et politiques - qui ne font pas stopper le chantier de l'EPR.

(**) Le fameux document confidentiel défense reconnaît que "les hypothèses relatives à l’impact [d’un avion] doivent assurer une couverture « raisonnable » du risque et ne peuvent prétendre couvrir toutes les éventualités". L’aveu est clair et sans appel.
On trouve aussi dans ce document des raisonnements biscornus comme : 
"Compte-tenu qu’une centrale nucléaire ne forme pas un très grosse cible et qu’elle est nettement moins haute qu’un immeuble de grande hauteur, il est sans doute assez difficile pour un pilote non chevronné de viser très précisément une zone sensible". C’est d’autant moins convaincant que, le 11 septembre 2001, des pilotes "non chevronnés" ont malheureusement prouvé qu’ils étaient capables de véritables prouesses.
Mieux : "Un impact en vol horizontal stabilisé supposerait un vol à très basse altitude à peu près impossible à envisager sauf peut-être pour certains sites en bord de mer". Or, l’EPR est justement prévu... pour être installé en bord de mer. Inutile d'en rajouter : l'EPR ne résisterait à un crash suicide.

(***) Merci à tous les gens qui nous soutiennent dans cette affaires, anonymes ou personnalités, parmi lesquelles Olivier Besancenot, donc, mais aussi José Bové, Noël Mamère, Cécile Duflot, le nouveau sénateur Jacques Muller, etc.
   
   
L'après Tchernobyl
ou
"Comment vivre heureux en zone contaminée"
Le chapitre 16 du livre "L'insécurité nucléaire"
de Stéphane Lhomme :
cliquez ici [pdf]
   

L'intégralité du débat avec Stéphane Lhomme, du Réseau Sortir du nucléaire, qui revient sur un sujet qui divise Français et candidats : l'énergie nucléaire.
Cliquez ici


 
  haut de page

La face cachée du nucléaire
Par ISABELLE CHEVALLEY présidente d'Ecologie libérale.

Il est de bon ton aujourd'hui de prétendre que l'énergie nucléaire est une énergie propre. Mais c'est oublier un peu vite comment on enrichit l'uranium.

Prenons le Niger, qui compte deux mines d'uranium: l'une à ciel ouvert et l'autre souterraine. Les mineurs qui y travaillent n'ont aucune idée de ce qu'est l'uranium et encore moins de sa dangerosité.
Par exemple, lorsqu'il faut transporter l'uranium jusqu'à la capitale, il était, jusqu'à l'année passée, déposé simplement à l'air libre sur le pont des camions. Il arrivait fréquemment que le chauffeur, voulant rendre service à ses amis, les embarque sur son camion.

Les dirigeants de la mine avaient aussi pour habitude d'offrir les vieilles ferrailles de la mine à leurs ouvriers. Ces derniers les revendaient aux ferrailleurs de la ville d'Arlit. Puis la transformation de ces vieilles ferrailles pouvait commencer, notamment en casseroles, cadres de fenêtre, etc. Un rapport de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité a récemment montré que ces objets étaient contaminés et avaient été vendus dans tout le pays. Cela implique des conséquences sanitaires graves pour toutes les populations locales.

Par ailleurs, pour enrichir l'uranium, il faut beaucoup d'eau. Comme les mines se trouvent en plein désert, on a puisé toute l'eau des nappes phréatiques et on s'attaque maintenant aux nappes fossiles (il faut 500 ans pour les régénérer). La région ne comporte pratiquement plus d'arbres, puisque ces derniers ne peuvent aller chercher l'eau dont ils ont besoin.

Lorsque l'on extrait de l'uranium, une part inférieure à 1% est constituée d'uranium fissile. L'enrichissement génère donc de grandes quantités de déchets, qui sont stockées à l'air libre. Ces poussières, qui contiennent encore 80% de la radioactivité, sont soumises aux vents violents coutumiers dans le désert et, du même coup, contaminent toute la région.

Comme si cela ne suffisait pas, le traitement de l'uranium nécessite de grandes quantités d'acide sulfurique. Celui-ci est produit directement sur place dans des conditions lamentables. Cette fabrication génère des pluies acides, qui ont détruit toutes la flore locale.

Lorsqu'on parle d'énergie nucléaire, il serait bon de ne pas oublier la provenance de l'uranium que l'on utilise dans nos centrales, ne serait-ce que par honnêteté intellectuelle.

http://www.lenouvelliste.ch
www.lenouvelliste.ch/fr/news/invite/index.php

 

 
haut de page
 
accueil | action! | environnement | climat | monde du bio | nucleaire | ogm | pollutions en tout genre |
| énergies renouvelables | animaux
© cobionat
www.cobionat-biocoop.org